Ryôtan Tokuda et l’Association Maha Muni

Après avoir envisagé d’embrasser la carrière militaire, Ryôtan Tokuda-Igarashi (1938) entreprend des études de philosophie bouddhiste à l’Université de Komazawa (Tokyo). Il y suit notamment l’enseignement du célèbre maître Kodo Sawaki (1880-1965), qui insistait sur la nécessité d’un retour à la pratique authentique de zazen, peu à peu délaissée au Japon.

En 1968, il est envoyé au Brésil comme missionnaire par la Sôtô-Shu (école Sôtô du bouddhisme zen japonais) et réside dans un premier temps au temple de Busshin-ji, jusqu’alors exclusivement fréquenté par la communauté japonaise de Sao Paulo. Ryôtan Tokuda va ouvrir les portes du temple à l’ensemble de la population.

 

En 1976 il fonde avec des disciples brésiliens le monastère de Morro da Vargem à Ibiraçu, premier monastère zen d’Amérique latine, et, en 1985, celui de Pico dos Raios à Ouro Preto. Aujourd’hui, les abbés de ces monastères sont brésiliens et ont pratiqué et étudié pendant de longues années au Japon. Le monastère de Morro da Vargem reçoit chaque année la visite de 4000 personnes et de 7000 enfants qui y suivent des cours de sensibilisation à l’environnement. Le monastère Pico dos Raios entretient également des contacts avec l’extérieur : Tokuda Sensei (= professeur) y enseigne la technique chinoise de l’acupuncture aux résidents, qui proposent ensuite leurs services à la population locale. En 1984, Ryôtan Tokuda fonde la Sociedad Sôtô Zen do Brasil et, en 1985, le Centre d’Etudes Bouddhistes (CEB) de Porto Allegre qui regroupe des pratiquants de diverses traditions. Il fondera par la suite d’autres centres zen, notamment à Porto Allegre, Belo Horizonte, Brasilia, Recife, Rio de Janeiro et, en 1998, le monastère de Serra do Trovao à Ouro Preto, centre de formation pour les moines où sont organisées chaque mois deux sesshins (retraites) d’une semaine.

Arrivé en France à la fin des années quatre-vingt, Ryôtan Tokuda y fonde l’Association Maha Muni (« Le grand silence »), le Centre Zen Maha Muni Paris et le monastère d’Eitai-ji dans l’arrière-pays niçois. En Belgique, l’association Shikantaza de Mons, fondée en 1996, est dirigée par un disciple de Ryôtan Tokuda.