Foire aux questions (suite)

Le zen est-il une secte ?

Cette question n’est malheureusement jamais posée. Laissée sans réponse, elle empêche de nombreuses personnes de frapper à la porte du dojo. La peur de la secte, c’est la peur de l’endoctrinement, de la manipulation par une organisation ou un gourou « omniscient ».

Le zen ne prêche aucune « Vérité ». Il propose une voie permettant à chacun d’aller à la rencontre de soi : qui se cache derrière les discours que « je » tiens, les étiquettes que je m’attribue et avec lesquelles je finis par me confondre, derrière lesquelles je me dissimule, derrière les images que j’entretiens de moi-même parfois à mon insu ? L’expérience de zazen permet de répondre personnellement à ces questions. Personne ne peut y répondre à notre place. Le zen suppose donc la prise en charge personnelle de notre propre pratique. Il ne s’agit pas d’adhérer à des dogmes ou d’abandonner notre esprit critique. Bien au contraire : « Ne croyez rien que vous n’ayez expérimenté par vous-même » disait le Bouddha. Hui Neng (638–713), sixième patriarche chinois, dira plus de onze siècles plus tard : « Quant à ceux qui prennent le parti de chercher un maître éclairé extérieur dans l’espoir d’en obtenir la libération, ils font fausse route ! Prenez conscience que c’est votre esprit le maître éclairé et intérieur qui obtiendra la libération. »

Le zen ne propose pas de réponses toutes faites. Contrairement au « gourou » manipulateur, le maître zen, souvent, ne répond pas directement aux questions qui lui sont posées ou répond d’une formule énigmatique qui renvoie la personne à elle-même, à la recherche de sa propre vérité. Chaque personne, étant responsable de sa pratique, détermine elle-même la fréquence de ses visites au dojo et décide en pleine liberté de continuer ou d’arrêter la pratique quand elle le souhaite.

Le zen, c’est aussi 2500 ans d’une tradition jouissant d’un a priori extrêmement favorable en Occident. En France, l’intégration du bouddhisme est telle que France 2 a offert un temps d’antenne le dimanche matin (Sagesses bouddhistes, de 8h30 à 8h45) aux différentes écoles présentes dans l’Hexagone. Des pratiquants du zen s’y expriment régulièrement. Il est question de porter ce temps d’antenne à une demi-heure. Les possibilités de s’informer sur le zen et le bouddhisme à travers la presse, les ouvrages spécialisés, l’internet, etc. sont innombrables.

Rappelons que l’association Shikantaza est membre de l’Union Bouddhique Belge (UBB).